Burundi : non à un troisième mandat pour le président

On aurait dit qu’après la destitution de l'ex-homme fort de Ouaga, Blaise Compaoré, par le biais d’une insurrection populaire, aucun chef d’Etat africain n’allait, au mépris de la loi fondamentale, des textes essentiels à la marche d’une démocratie, prendre le risque de s’accrocher au pouvoir.

Hélas, les rues de Bujumbura, théâtre de heurts violents et tragiques entre les forces de l’ordre et quelques manifestants, nous confirment qu’il n’est guère facile de chasser certaines habitudes poisseuses et pernicieuses. Que les dirigeants politiques comme Pierre Nkurunziza se fichent complètement des voix protestataires et n’aident pas à l’enracinement des principes démocratiques en terre d’Afrique. Là, on a encore le scénario d’un chef de l’exécutif qui souhaite à nouveau briguer un troisième mandat. Alors que les accords d’Arusha, signés après plus d’une décennie de guerre civile et ayant fait 300.000 morts, le lui interdisent. Ne lui accordent que la possibilité de faire deux mandats. Pas plus.

Inféodée par ses potes, la cour suprême a été saisie de ce dossier. Et lui a donné le feu vert pour accomplir son dessein. Ce qui a justement fait sortir de leurs gonds les Burundais. Lesquels voient dans cette décision une volonté de perpétuer le règne de l’actuel chef de l’exécutif. On ne le dira jamais assez que la beauté de la démocratie ne réside pas ailleurs que dans ses exigences.

C’est cet axiome que doit intégrer M. Nkurunziza, lui, le protestant « Born again ». Sinon, son pays, si fragile, pourrait s’embraser...

Guillaume Camara

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