Laudato si’, un guide pour la COP 21

Dans l’histoire de la papauté, Laudato si' mi Signore (ou Loué sois-tu mon Seigneur, en français), ce chant que fredonnait saint François d’Assise, apparaît comme le premier texte magistériel à s’être exclusivement penché sur l’écologie. Un sujet éminemment actuel, car dans quelques semaines Paris abritera une conférence de l’Onu sur le climat.

Ce rendez-vous d’une grande importance ne doit pas être un sommet de plus ou une vaine palabre mais une occasion où les chefs des nations prendront des mesures drastiques et efficaces qui réduiront les émissions des gaz à effet de serre. Il y a urgence à agir vite pour la Maison commune, exhorte l’encyclique papale. Qui, même si cela ne plaît pas à certains climato-sceptiques, promeut la décroissance et met en cause l’activité humaine dans les bouleversements environnementaux auxquels est confrontée la Planète. Oui, l’Homme a sa part de responsabilité dans la dégradation de l’éco-système !

Mais la grande originalité de Laudato si’ réside dans le fait que l’écologie ne peut plus être abordée dans sa seule acception politique. Elle devient une matière « intégrale », qui touche toutes les parties vivantes du cosmos et de l’humain : puisque « tout es lié ». « Le temps et l’espace ne sont pas indépendants l’un de l’autre, et même les atomes ou les particules sous-atomiques ne peuvent être considérés séparément. » L’écologie est aussi une affaire de bien commun « qui présuppose le respect de la personne humaine comme telle, avec des droits fondamentaux ordonnés à son développement

intégral. »

L’on n’oubliera pas d’évoquer dans cette prose du pape François ce terrible avertissement : « Les prévisions catastrophiques ne peuvent plus être considérées avec mépris et ironie. Nous pourrions laisser trop de décombres, de déserts, et de saletés aux prochaines générations. Le rythme de consommation, de gaspillage et de détérioration de l’environnement a dépassé les possibilités de la planète, à tel point que le style de vie, parce qu’il est insoutenable, peut seulement conduire à des catastrophes, comme, de fait, cela arrive déjà périodiquement dans diverses régions ».

Laudato si’, pape François, Bayard, 205 p., 4,50 euros.

Guillaume Camara

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