Miracle diplomatique à Cuba

Le monde des relations internationales est un monde complexe. Complexe en ce sens qu’il met en général en jeu les intérêts des nations, qui en apparence s’apprécient, mais restent tout même de redoutables rivales. C’est aussi un royaume de miracles.

Cette semaine, un évènement, et pas le moindre, est venu nous en donner l’éclatante illustration : avec cette fameuse visite touristico-politique que vient d’effectuer Barack Obama, accompagné de sa petite famille, à La Havane.

Qui l’eût cru ?

Le dernier président américain à s’y être rendu s’appelait Calvin Coolidge. C’était en 1928. Il y a donc très très longtemps. La cause : la nationalisation des avoirs étrangers en 1959 dont ceux de United Fruit Co par la jeune armée rebelle dirigée par Fidel Castro. Une décision qui a été suivie en 1961 par la tentative de débarquement de la Baie des Cochons de 1400 réfugiés, entraînés par la CIA : ce fut un échec, et l’Amérique ne tarda pas l’année d’après à imposer un embargo. Lequel a représenté un véritable obstacle pour le développement économique de cette île, qui malgré son indigence évidente peut se targuer d’avoir des habitants les plus instruits et cultivés de la terre : vous n’y rencontrerez pas d’analphabètes.

Obama a donc bien fait d’y aller. Pour rendre irréversible la normalisation diplomatique récemment scellée entre les deux pays. Car tout n’est pas rose en terre cubaine : la dictature castriste y est encore présente ; beaucoup y sont privés de libertés, notamment les dissidents politiques. L’hôte de la Maison Blanche en a rencontré certains pour leur signifier qu’il croit en eux. Qu’ils sont essentiels au changement dont aspirent tant de cubains.

Son postulat : toute mutation est d’abord une affaire endogène. Même si l’étranger peut y ajouter sa pierre, en suscitant, en promouvant et en encourageant certaines initiatives économiques. Oui, la diplomatie du business est à même de faire éclater les plus féroces verrous politiques…

Guillaume Camara

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