Somalie-Union européenne : y a -t- il eu corruption

C’est une affaire qui mérite qu’on s’y penche. D’autant qu’elle révèle les dessous de l’attribution de certains marchés publics au sein de l’Union européenne. Ce dont il est question à présent porte précisément sur la construction d’un complexe sécurisé de l’UE en Somalie, un édifice qui vaut 100 millions d’euros.

Dans ce contrat, et pour lequel il accordait un intérêt particulier, l’homme d’affaires franco-somalien, Abshir Aden Ferro, estime avoir été « escroqué » par le consortium « Rapid ». Et dont le principal acteur est le groupe allemand de constructions modulaires, Losberger. Pour étayer ses accusations, M. Ferro s’appuie sur un enregistrement, dont a fait mention le 15 avril de cette année le journal Le Monde.

Dans ce sonore, on apprend qu’une réunion, organisée par le consortium, candidat à l’appel d’offres, avait eu lieu le 6 novembre 2015 à Paris.

Et à cette occasion, Cyrille Claver, un ancien général de l’armée de l’air française, s’exprima : « On est à l’aube de signer un contrat assez important (…). Il y a des gens à qui je vais reverser (…), sachez que ces gens-là ont encore le pouvoir, à tout moment, d’arrêter l’affaire (…). Le mec, il m’a dit : « Je veux des garanties ». « Combien ? » demanda l’un des participants. L’ex-général : « 2% ou un truc comme ça ». Effectivement, trois jours après ces conciliabules parisiens, « Rapid » est sorti victorieux de l’appel d’offres.

Le parquet national financier français a ouvert une enquête préliminaire. Attendons ses lumières.

Guillaume Camara

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