Mère Teresa ou la charité incarnée

La sainteté est quelque chose qui peut encore effrayer le commun des mortels. Pour la simple raison qu’elle est une distinction que l’Eglise, à travers la Congrégation pour la cause des saints, ne confère pas à n’importe qui, sauf à ceux et celles qui, tout au long de leur aventure terrestre, auront eu une vie exemplaire, remarquable, dévorée par la belle musique divine.

Mère Teresa faisait partie de ces figures-là. De ce cénacle-là (...) Elle que le monde célébrait hier sur la Place Saint-Pierre de Rome, le temps d’une eucharistie grandiose, belle et chatoyante, où sa sainteté a été proclamée. La voilà donc canonisée, en cette année jubilaire de la miséricorde.

Quelle allégresse ! car ce prix Nobel de la paix, cette grande dame au sari blanc, bordé d’un bleu marial, aura été, au XXe siècle, une des plus belles figures de la charité. Avec elle, les pauvres, les marginalisés, les plus petits d’entre nous n’étaient plus esseulés. Ils avaient trouvé en elle leur douce Madone, leur avocate dévouée et inspirée. Elle aimait et arpentait les périphéries, les allées de la misère et de la déchéance humaine de sa grouillante ville de Calcutta, en Inde, là où elle avait crée en 1950 les Missionnaires de la charité.

Toutefois cette femme frêle, mais puissante par ses intuitions et ses actions, était restée fidèle à ses convictions (même si celles-ci pouvaient heurter certains). Elle était contre l’avortement. Elle était pour la vie.

Au fond sa sainteté, désormais célébrée sur les autels, atteste une vie cohérente et ascétique, un chemin spirituel, où les pauvres auront été premiers. Et ce, en goûtant à la chaleur d’une main fraternelle, consolatrice. Le fulgurant message d’humanité de Teresa de Calcutta doit inspirer ce monde. Le nôtre bien sûr, écrasé par des égoïsmes, des inégalités et des fractures entre riches et pauvres.

Guillaume Camara

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