Alors que Barack Obama s’apprête à passer ses derniers jours à la Maison Blanche, un sondage réalisé par l’institut Gallup, vient de lui conférer le titre de «l’homme le plus admiré aux Etats-Unis » en 2016. Un plébiscite pour ce chantre de « Yes we can », qu’on aura forcément du mal à oublier sitôt. Tant son élection provoqua une vague d’engouement et d’espoir.

On avait l’impression qu’il était le messie que le monde attendait. Qu’il allait résoudre tous les maux qui ébranlaient les peuples et les nations. Or, on omettait une chose essentielle : ce n’était pas le monde entier qui l’avait élu mais l’Amérique de Kennedy. Que là-bas : le jeu politique est tel qu’un président ne peut rien faire sans le Congrès, viscéralement accroché à ses prérogatives. Même si l’on sait que les grandes intuitions, relatives à la marche de l’Etat, émanent du chef de l’exécutif : ce fut le cas en 2008 quand il a été question de renflouer les caisses des banques frappées de plein fouet par la crise économique ou de sauver General Motors.

Reste que l’Amérique a des responsabilités à l’égard des autres nations. Qu’elle ne peut guère s’en dérober. Puisqu’elle demeure jusque-là la première puissance mondiale. Ce qui s’y décide engage le reste du monde. Dans celui-ci, hâtons-nous d’inclure l’Afrique : ce continent d’espérance ! L’administration Obama n’y a pas résolu tous écueils.

Mais on retiendra tout de même ce victorieux soutien qu’elle aura apporté à la Mission de l’Union africaine face aux Shebabs. Et puis, il y eut ce grand discours d’Obama (prononcé le mardi 28 juillet 2015 à Addis-Abeba en Ethiopie) devant les chefs d’Etat africains. Là, d’emblée, il parla de sa « fierté d’être Américain » mais surtout d’être « fils d’un Africain ».  Il ajouta : « Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de se retirer une fois leur mandat terminé. Laissez-moi être honnête avec vous. Je comprends ! Je suis privilégié de servir comme président. J’adore mon travail mais notre Constitution ne me permet pas de me présenter à nouveau. Je pense que je suis un bon président ! Si je me représentais, je pense même que je pourrais gagner ! Mais je ne peux pas… Personne n’est au-dessus de la loi, même le président ». Et plus loin : « En Afrique la corruption fait perdre des milliards de dollars aux économies des pays, de l’argent qui pourrait être utilisé pour créer des emplois, construire des hôpitaux et des écoles. »

Pour terminer, il évoqua les femmes : « La tradition parfois nous fait reculer. La mutilation des corps des petites filles et leur mariage à 10 ou 11 ans, cela doit terminer ». Ces quelques mots (pleins de réalisme et de justesse) resteront peut-être la plus belle rhétorique laissée par Barack Obama en terre africaine.

Guillaume Camara

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