Gaël Kamilindi ? Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose ? Depuis le 1er février, ce jeune homme est le nouveau prince de la Comédie-Française. La maison de Molière qu’il a intégrée comme pensionnaire, grâce à l’onction de son administrateur, Eric Ruf : ce dernier souhaitait que « la troupe soit représentative de la pluralité de la société ; qu’elle doit être représentative de la nation » française. Autrement dit « qu’il y ait des non-blancs dans la maison », confie-t-il au journal suisse Le Temps. Soit !

Mais ce qu’il ne faut guère oublier de souligner, c’est que son intégration dans ce saint des saints du théâtre français n’est pas seulement dû à sa couleur de peau, car Gaël Kamilindi est avant tout un comédien bourré de talents. Demandez un peu à ceux et celles qui ont déjà vu la somptuosité de son jeu dans Lucrèce Borgia (la célèbre pièce de théâtre de Victor Hugo) aux côtés de la sublime Elsa Lepoivre !  

Or l’enfance de ce trentenaire étincelant, facétieux, ne fut pas jonchée de roses. Loin s’en faut. D’abord, il vit le jour en République du Congo. D’un père israélien et d’une mère rwandaise. Celle-ci s’appelle Claudine. Elle décède alors qu’il n’a que cinq printemps ; et c’est sa tante, Béatrice, qui va s’occuper de lui à Bujumbura. Une ville qu’ils ne vont pas tarder à quitter à cause de l’imminence d’un conflit ethnique…

Genève sera la destination choisie. Là-bas, il va s’épanouir en découvrant le monde occidental, en allant à l’école, en s’initiant aux choses de l’esprit. Il s’inscrit au conservatoire de cette jolie capitale, qu’affectionnent particulièrement les Suisses et Suissesses : il s’y prépare pour les concours des écoles professionnelles telles que La Manufacture de Lausanne, l’Ensatt de Lyon. Ou encore le conservatoire de Paris : c’est d’ailleurs dans ce dernier établissement (prestigieux par ailleurs) qu’il sera reçu. Lui qui ne voulait pas venir à Paris. A cause de la pression ambiante qui y règne.

Guillaume Camara

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