« Instrumentum laboris » (ou l’instrument de travail en latin), c’est l’intitulé du document que Benoît XVI vient de remettre, à Yaoundé, à l’épiscopat africain, en vue du prochain synode spécial sur l'Afrique, prévu du 4 au 25 octobre à Rome.

 

Le thème retenu est : « L'Église en Afrique, au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. » Que dit le texte en substance ? Optant pour un ton moins pastoral, il s’en prend, tout de go, à certaines dérives des dirigeants africains : « L'égoïsme alimente l'appât du gain, la corruption et l'avarice, pousse au détournement de biens et de richesses destinés à des peuples entiers. La soif de pouvoir provoque le mépris de toutes les règles élémentaires d'une bonne gouvernance, utilise l'ignorance des populations, manipule les différences politiques, ethniques, tribales et religieuses et installe la culture du guerrier comme héros et celle de la dette pour des sacrifices passés ou des torts commis.»

 

Et l’étranger n’est pas oublié : « Des forces internationales exploitent cette misère du cœur humain (…). Elles fomentent des guerres pour écouler des armes. Elles soutiennent des pouvoirs politiques irrespectueux des droits humains et des principes démocratiques pour garantir, en contrepartie, leurs avantages économiques (exploitation des ressources naturelles, acquisition de marchés importants). »

 

Plus loin, l’ouvrage estime que la « défiguration de l'identité culturelle a conduit à un déséquilibre intérieur des personnes qui se manifestent par le relâchement moral, la corruption et le matérialisme (…). Il semble qu'un processus organisé de destruction de l'identité africaine soit à l'œuvre sous prétexte de modernité. »

 

Guillaume Camara

 

 

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