Comme on s’y attendait… C’est en effet Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, qui a remporté l’élection présidentielle algérienne d’hier. Selon les résultats officiels publiés, aujourd’hui même, M. Bouteflika obtient 12.911.707 voix, soit  90,24% des suffrages exprimés. Le taux de participation (que l’on redoutait) est de 75,91% pour l’Algérie. 36,48% pour l'étranger. Louisa Hanoune, présidente du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), arrive en deuxième position avec 4,22% des suffrages.

 

Quels enseignements peut-on tirer de cette consultation algérienne ? Tout d’abord, il faut saluer le peuple algérien de s’être montré extraordinairement citoyen. D’avoir accompli un geste qui sauve la démocratie : le vote. D’ores et déjà, l’opposition fustige quelques cas de fraudes. Mais il est très tôt de leur donner toute crédibilité. En sachant que les observateurs de l'Union africaine, de l'Organisation de la conférence islamique, de la Ligue arabe (présents) n’ont pas encore fait leur rapport. Prudence donc. Deuxièmement, cette élection est un plébiscite pour Abdelaziz Bouteflika. Désormais, avec cette onction populaire, il peut mettre en musique les promesses qu’il avait tenues aux Algériens pendant sa campagne : c’est-à-dire poursuite de sa politique de réconciliation, mise en place d’un plan de développement de 150 milliards de dollars pour des grands travaux et création de petites entreprises… 

 

Oui, les défis sont immenses pour cette Algérie qui n’a pas encore pansé toutes ses plaies.

 

Guillaume Camara

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