Bien sûr que la criminalité y est galopante ! Bien sûr que la moitié de ses 48,5 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté ! Bien sûr encore que le chômage a un taux officiel de 23,2 %, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Mais toutes ces statistiques et ces maux peuvent-ils nous empêcher de parler sans pathos du miracle sud-africain ?

 

Ma réponse est non. Car ce pays (qu’a nommé joliment le Nobel de la paix, Desmond Tutu, nation arc-en-ciel) vient de loin. De très loin. Son XXe siècle aura été celui de l’ignominie et de l’apartheid. Blancs et Noirs ne pouvaient pas fréquenter les mêmes endroits. Son XXe aura été aussi celui de la libération d’un peuple, le peuple noir, conduit par un chef fringant et charismatique : Nelson Mandela. Avec lui, un vent de réconciliation a soufflé sur tout le pays. Il a appelé, comme le Christ du « pardonnons nos offenses », les âmes blessées à écrire un nouveau chapitre. Plus pacifié, plus fraternel. 

 

Rien que cela, Mandela est entré dans l’histoire. Et le mercredi, à n’en pas douter, ses yeux si malicieux, si amusés, seront aux aguets : son peuple va voter.

 

Guillaume Camara

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