Etre en sa compagnie reste un vrai régal, un succulent voyage fait d’images et de sons. Amdy Seck est un musicien sénégalais. Il vit à Reims, en France, depuis dix-sept ans. « J’ai été formé au Conservatoire de Dakar, où je suis sorti comme professeur d’éducation musicale. J’ai longtemps enseigné aux lycées de Rufisque et de Mbour. Et c’est suite à un projet de coopération culturelle entre Mbour et les Centres sociaux et l’UFCV (Union française des centres de vacances) de Reims que je me suis retrouvé en Europe », explique-t-il. « Mon combat de toujours a été de donner une place importante à la musique dans l’enseignement de mon pays, mais je n’y suis jamais arrivé. Mes jeunes je leur parlais de Mozart, de Beethoven, mais ils ne savaient rien de la musique africaine. »

 

« Carte d’identité des rythmes »

 

Une musique qui n’est jamais loin du réel, du quotidien des gens : « En Afrique, chaque ethnie a une culture. Et tous les moments importants sont marqués par la danse. Mais les rythmes africains, qui ne se transmettent que par l’oralité, sont souvent l’objet de tant de déformations. Nos partitions, écrites par les Occidentaux, y participent également. » Que faire alors pour remédier à tout cela ? « Si nous voulons conserver la pureté de notre art, il faut aller à la source, s’interroger sur le contexte et l’histoire de ce qu’on veut apprendre. Avec mes élèves, je leur donne la carte d’identité des rythmes qu’ils jouent ; chaque rythme est porteur d’un fait historique », analyse-t-il.

 

Mais, à 56 ans, Amdy Seck ne veut pas s’arrêter là. Son projet en terre d’Europe, c’est de faire rencontrer la musique africaine avec d’autres sensibilités, avec d’autres univers aussi dissemblables.

 

Guillaume Camara

 

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