La cour fédérale américaine de New York va se pencher le 26 mai sur une affaire qui avait fait couler à l’époque tant d’encre et de salive. Il s’agit de l’exécution, en 1995, de neuf militants de l’Ogoniland, par le gouvernement nigérian du général Sani Abacha.

 

Dans ce procès, qui pourrait durer deux semaines, on subodore la responsabilité indirecte du géant pétrolier hollandais, Royal Duch Shell. Tout commence dans les années 90, lorsque le Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (Mosop) émerge. Ses objectifs : lutter contre les abus commis par certaines compagnies pétrolières et dénoncer les dégâts écologiques provoqués par celles-ci sur le Delta du Niger.

 

Celui qui aura été particulièrement énergique dans ce combat, et dont le nom reviendra souvent sur les lèvres des magistrats new-yorkais, s’appelle Ken Saro-Wiwa (photo). Porte-parole et chantre de cette organisation, il est né le 10 octobre 1941 à Bori, au Nigeria. Il fut exécuté, aussi. Pour incitation au meurtre après la mort de quatre Ogonis.

 

Cette charge, il l’a toujours rejetée. En vain. Puisque cela n’avait pas permis à ce Nobel alternatif, à cet écrivain d’échapper au supplice de la potence.


Guillaume Camara

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