Son départ de la scène politique togolaise ressemble à un vrai chambardement. Eh oui, Edem Kodjo (né Edouard Kodjovi) ne veut plus faire de la politique. Il l’a dit dans la foulée du congrès de son parti, la Convergence patriotique panafricaine : « C'est l'occasion de prendre une retraite politique (…) Je veux être désormais un citoyen libre pour affiner ma pensée et écrire ce que j’ai envie d’écrire.»

 

Ecrire, cet ancien énarque (promotion Blaise Pascal) et féru de patristique, sait le faire. Merveilleusement. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués : Et demain l'Afrique, L'occident, du déclin au défi et Au commencement était le glaive. Mais ce qu’on retiendra surtout d’Edem Kodjo, c’est moins ses prodiges littéraires que son génie politique.

 

Septuagénaire, il fut un admirable animal politique, un démocrate (dans le sens plénier du terme). Dans les années 90, il fait partie de ce groupe de politiciens qui exhortent le Togo (où il a été plusieurs fois Premier ministre) à faire l’expérience du multipartisme. En 1993, il boycotte la présidentielle, avant de remporter l’année suivante les législatives. Sur le plan international, il occupera des fonctions prestigieuses : gouverneur du Fonds monétaire international (1967-1973) et secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (1978-1983).


Guillaume Camara

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