L’ancien président malgache n’est finalement pas passé entre les mailles du filet judiciaire de son pays. Marc Ravalomanana a été condamné mercredi par contumace à quatre ans de prison pour « conflits d'intérêts » dans l’acquisition d’un Boeing 737.

 

Valeur de ce bijou aéronautique : 60 millions de dollars. Plus de la totalité de cette somme devra être restituée (en dommages et intérêts) à l'Etat malgache. Ce procès porte un enseignement superbe : l’on ne doit jamais mettre dans la même escarcelle ses propres sous et ceux de l’Etat. Confondre la destination de ces deux éléments distincts, c’est hypothéquer le triomphe d’une certaine éthique.

 

Bravo donc chers magistrats !

 

Ravalomanana avait fait de Madagascar une petite entreprise au creux de ses mains. Il voulait que ses compatriotes travaillent « dur, vite et bien ». Son drame, c’est qu’il n’a jamais été un modèle, un bâtisseur pour son peuple. Deux choses le taraudaient : son mécénat religieux et le règne du tout-puissant business. Il vendit, pour une durée de 99 ans, 1,3 millions d’hectares à une société sud-coréenne, Daewoo Logistics. Voilà toutes ces raisons qui ont précipité sa chute…


Guillaume Camara

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