« Non à la France ! Non à la France !. »  « On n'en veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça. » Voilà ce qu’ont entendu Nicolas Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac (photo) en terre gabonaise qui organisait hier les obsèques nationales de son ancien président, Omar Bongo Ondimba.

 

Comment expliquer le sens de ces huées, même si elles sont le fruit de quelques dizaines de personnes ? A l’évidence, elles démontrent que la France institutionnelle (pas la France-nation) n’est plus la bienvenue dans ce territoire, où son chef d’Etat défunt avait contribué activement et efficacement au triomphe de la françafrique. Cette doctrine faite de relations opaques, ambiguës entre la France et ses ex-colonies.

 

Bongo décédé, françafrique morte !, peut-on encore supputer, derrière ces récriminations. Maîtrisant avec brio la carte électorale française, Bongo aura connu tous les présidents de la Ve République. A Paris, ses réseaux étaient puissants. Il pouvait demander le limogeage d’un ministre et l’obtenir. On a vu avec l’ex-secrétaire d’Etat à la Coopération français, Jean-Marie Bockel : ce dernier avait appelé à la disparition de la françafrique.

 

Mais, pendant son long règne (41 ans au pouvoir), il a œuvré à maintenir la paix civile dans son pays et participé à l’apaisement de certains conflits africains. En revanche, il laisse un pays crucifié par la corruption et la pauvreté, malgré une manne pétrolière.

 

Guillaume Camara

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