Ce qui s’est passé, hier, à Syrte, dans le sillage du 13 sommet de l’Union africaine, mérite qu’on s’y attarde un peu : pour la première fois, et après d’intenses tractations diplomatiques (comme c’est le cas en pareille circonstance), les chefs d’Etat africains se sont mis d’accord pour la naissance d’une « Autorité commune ». Celle-ci aura un double champ d’intervention : la défense et les relations internationales.

 

Le « Guide » libyen (photo), soutenu par Dakar et Bamako, aurait voulu qu’on y ajoute le commerce extérieur. Ce que ne souhaitaient pas le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Angola. Pour ces trois pays (qui constituent par ailleurs des géants économiques pour le continent noir), l’urgence est de construire une véritable union économique que politique. Ils n’ont pas tort. Et les autres, non plus. Puisqu’ils brûlent de voir « la Patrie de l’homme » se doter d’un gouvernement panafricain.

 

Mais, entre ces deux visions tout à fait respectables, le pragmatisme peut apporter ses lumières magnifiques. Car si l’Afrique veut être forte, puissante, écoutée et respectée par le reste du monde, il faut qu’elle mette de l’ordre dans son économie. Une économie digne du XXIe siècle qui s’arc-boutera sur une banque centrale, une monnaie unique, une harmonisation fiscale. Par le truchement d’un jeu économique efficace et conquérant, elle pourra permettre à tant de ses filles et fils de goûter à une vie décente, d’avoir des écoles, des hôpitaux.

 

L’Afrique est mendiante, et cela ne doit plus continuer.

 
Guillaume Camara

 

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