L’annonce fait déjà jaser le microcosme parisien. La France s’apprête à lancer en 2010 un loto pour l’Afrique. D’après le secrétaire d’Etat français à la coopération, Alain Joyandet (photo), en retour d’un voyage contesté en Guinée et en Mauritanie, cette idée s’inscrirait dans le cadre des « financements innovants ». Et elle pourrait générer « environ 10 millions d’euros par an ».

 

Un autre projet trône dans la tête de M. Joyandet : celui de la taxe sur les transactions financières qui rapporterait entre 30 et 60 milliards de dollars. Tout cela est estimable et compréhensible. Tout cela prouve qu’en Occident on appréhende parfaitement l’acuité du drame du sous-développement africain. Comment seront gérées ces sommes astronomiques destinées à nouveau pour l’aire géographique la plus pauvre de la planète ? Y aura-t-il des conditionnalités draconiennes pour leur utilisation ? Ou serviront-elles à garnir simplement les comptes de certains politiques de la place ? Car s’agissant du retard de l’Afrique on peut trouver des coupables dans les pays du Nord. C’est vrai.

 

Mais ce serait scandaleux de ne pas mentionner, à cet égard, des complicités africaines évidentes. Nombreux sont les chefs d’Etat africains qui ont pillé et pillent encore économiquement leur pays. Pour beaucoup, la corruption est l’amie qu’il faut chérir, la langue qu’il faut parler.

 

L’Afrique ne doit pas continuer à vivre de la charité made in Occident. Elle doit désormais se prendre en main, comme l’a récemment dit, et à juste titre, Barack Obama, à Accra. Et ce qui peut l’y aider fortement : c’est la démocratie véritable. Elle est pourvoyeuse de prospérité et de paix civile.


Guillaume Camara

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