Qu’aurait dit Montesquieu de la démocratie selon Mamadou Tandja (photo) ? L’homme fort de Niamey vient d’orchestrer le mardi 4 août un simulacre de référendum (où il obtiendrait 90% des voix) afin de s’accrocher par le biais d’une constitution remaniée à la cathèdre présidentielle.

 

Avant cela, il a d’abord fait capituler les principales institutions démocratiques de son pays (le Parlement, la Cour constitutionnelle) qui s’opposaient à son cher dessein. Oui, à 71 ans, Tandja ne veut point quitter le pouvoir. Il veut y rester, éternellement. Pour lui, il a encore beaucoup de choses à faire pour son peuple. Il a son onction. Ce qui est loin d’être le cas. Car pour cette consultation, l’opposition parle de 5% de participation sur l’ensemble du territoire.

 

Mais Tandja n’est pas le premier à nous offrir une telle mascarade démocratique. Avant lui, le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, le Tchadien Idriss Deby et le Camerounais Paul Biya avaient fait pareillement. C’est-à-dire en dilapidant la loi fondamentale de leur pays pour se maintenir.

 

Choisir la démocratie, c’est choisir ses exigences. Or le présent scénario nigérien nous atteste hautement que celles-ci ont été piétinées, bafouées, moquées, rejetées (...) Aimer l’Afrique, c’est dire inlassablement à ceux et celles qui la dirigent que la démocratie reste sa seule voie salvatrice.

 

Guillaume Camara

 

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