Il est Congolais. Et comptable. A 41 ans Bienvenu Mbutu Mondondo va engager, en France, une action en justice contre Tintin au Congo. Il argue le fait que cette œuvre d’Hergé, mondialement connue, est teintée de racisme et de xénophobie.

 

L’homme n’est pas à son premier coup d'essai, car, il y a deux ans il avait déjà saisi, pour le même mobile, la justice belge. Mais sans succès. Cette affaire est un marronnier pour parler comme les journalistes. Un marronnier polémique qui avait contraint en 1946 l’auteur à modifier certains passages de sa bande-dessinée jugés colonialistes.

 

Doit-on qualifier le père des tintinophiles de raciste ? Son ouvrage est-il une apologie au racisme ? Et quelles sont les réelles motivations de M. Mondondo ? Avec ces trois questions, entamons un échange avec la raison et le discernement.

 

La parution de Tintin au Congo s’est faite à une époque où la plupart des pays d’Afrique vivaient sous le joug colonialiste, où les stéréotypes indignes pour la personne humaine étaient vivaces. Et donc Hergé n’a voulu qu’être un peintre, un photographe, un conteur de son temps. Il a crayonné ce qu’il voyait, ce qu’il entendait, ce qu’il lisait, ce qu’il sentait. Décrire un fait ne veut pas dire qu'on le cautionne.

 

Ne réduisons pas tout au racisme. Ne cédons pas à la propension victimaire qui, quelquefois, peut nous éloigner de « la vérité qui nous rend libres ». 


Guillaume Camara

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