On a aimé le père. On adorera aussi le fils. Telle est la rapide exégèse du scrutin présidentiel gabonais, où Ali Bongo (photo) s’en sort victorieux. 

 

On aurait aimé que le Gabon changeât de prince. Que son exécutif soit à la botte d’une alternance renouvelée, audacieuse, imaginative, dynamique. Non, cela n’a pas été entendu par les urnes. Elles ont voulu que la dynastie Bongo perpétue sa besogne d’hier, faite de corruption et de népotisme. Pauvre Gabon ! Te voilà bongoïsé à jamais ! Te voilà époux du statu quo ! Car si aujourd’hui une partie de la population s’exaspère, conteste le verdict de cette consultation, c’est que, sous Omar Bongo, le pays n’a pas fait un bond vers la prospérité, vers le développement. Malgré un sous-sol abreuvé par le pétrole.

 

Bongo père n’aspirait qu’à son luxe personnel au grand dam de son peuple défiguré par la pauvreté. Bien sûr, il n’était pas seul dans cet affreux stratagème. Il avait ses acolytes. Certains se sont même présentés pendant cette consultation en appelant à la fin d’un système qu’ils ont tant et vigoureusement servi.

 

Pas très étonnant ! En politique, Tartuffe a toujours sa demeure. Le changement aurait été possible, si l’opposition avait fait le choix d’un rassemblement, d’une candidature unique. Mais chacun a préféré porter à la face du monde les louanges de sa propre chapelle politique. Hélas !


Guillaume Camara

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