Cette semaine tire à sa fin. Elle aura été celle de Loubna Ahmed al-Hussein (photo). Enfin libérée ! Son histoire aurait fait rire plus d’un, si elle n’était pas révélatrice d’une injustice faite à une femme, arrêtée, parce qu’elle a osé porter un pantalon. Ce qui est considéré comme un sacrilège par les tribunaux de Khartoum.

 

Sans une mobilisation planétaire, puissante, efficace, cet acte grotesque aurait valu à cette journaliste quelques coups de chicotte. Ça se passe comme cela dans le « Dubaï du Nil », dans le pays du Général Omar el-Béchir. C’est de cette façon que les femmes y sont traitées. Stupeur, exaspération, révolte. Voilà les mots qui peuvent habiter toute conscience droite en apprenant l’existence d’une telle absurdité, d’un tel mépris, d’une telle offense.

 

Or l’agenda du jour annonce que nous sommes bien au XXIe siècle. Une époque du progressisme, de l’Internet et du portable. Le Soudan est aussi dans la modernité. Mais à sa manière. L’abondance de son pétrole fait sourdre des gratte-ciel. Ç’eût été fantastique que cette architecture matérielle se mêle à une architecture spirituelle. Celle qui proclamera l’épilogue de la censure, de la détention de tous les défenseurs des droits humains. Celle qui permettra aux Soudanaises d’échapper aux rets d’un régime réfractaire au modernisme libéral.

 

 

Guillaume Camara

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