Ecrire une chronique macabre est une tâche délicate. Surtout lorsque celle-ci touche à une part essentielle de notre humanité. Oui, entre dimanche et lundi, des hommes et femmes sont morts dans le Golfe d’Aden. Ils étaient soixante-cinq migrants clandestins, précise le Haut commissariat pour les réfugiés.

 

Enfournés dans des embarcations de fortune, ils voulaient traverser la Somalie et les côtes du Yemen. Ils n’y sont pas arrivés. Ils ont été happés par la puissance des eaux. Des eaux plus fortes que leurs rêves de bonheur et de bien-être.

 

Car ce qui conduit toutes ces personnes à prendre tant de risques, à se comporter en kamikazes des mers, c’est la pauvreté. Ils fuient aussi l’instabilité politique et les conflits armés. Ils toquent à la porte de l’Europe ; dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, leur défilé est permanent, pathétique.

 

Résoudre une telle problématique puissamment humaine demande une clairvoyante audace politique de la part de la Commission européenne qui, aujourd'hui, préfère rafistoler des accords de sous-traitance avec des pays d’Afrique proches de la méditerranée, pour que s’éloignent d’elle les flots d’immigrants. C’est toute la politique d’immigration eurafricaine qu’il faut repenser. A travers deux outils magnifiques : le co-développement et le co-investissement.

 

Guillaume Camara

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