Des mots. Prononcer les mots n’est jamais un acte oiseux. Sartre les avait choisis comme le titre d’une de ses œuvres romanesques.

 

Les mots, ce sont eux qui ont fait perdre à l’Egyptien Farouk Hosni son accession au prestigieux poste de directeur général de l’Unesco. Pourtant face à la nouvelle élue, la Bulgare Irina Bokova, c’était lui le favori. Mais un jour, s’adressant au Parlement égyptien, il aurait mitonné, esquissé, vitupéré ces mots : « Si je trouve les livres en hébreu dans les bibliothèques du pays, je les brûlerai. »

 

Oh là là… cela ne se dit pas, car, on est vite taxé d’antisémite. Et c’est bien ce qui est arrivé à Farouk Hosni, à ce ministre de la culture (lorsqu’il avait émis l’ardent désir de piloter ce temple mondial de la culture et de la science) une muraille de protestations s’est dressée contre lui : Vous êtes antisémite, vous n’aurez pas votre place ici, pas comme cela, pas maintenant, souvenez-vous donc de vos mots clamés devant les députés de l’Egypte éternelle.

 

Si à l’Elysée on s’est refusé à apporter solennellement un soutien à Hosni, le Paris des Belles-lettres et des intellectuels (notamment le philosophe Bernard-Henri Levy), lui, était turlupiné par cette candidature jugée immorale, indécente, inopportune.

 

La victoire de Bokova n’est donc pas celle d’une femme (au demeurant talentueuse, tout à fait respectable), mais celle de la morale contre la politique.  

 

 Guillaume Camara

 

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