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Sauf par miracle tous les scenarii poussent à dire que la présidentielle togolaise ne changera pas de visage, ni d’impulsion, ni de souffle. Elle aura le sceau d’un immobilisme, d’un plébiscite selon Faure Gnassingbé.

 

Ce fils à papa, dont le très contestable mode de scrutin à un tour lui permet d’échapper à un assaut alternatif véritable, nécessaire à une vitalité démocratique digne de ce nom. Oui, dans quelques heures, nous aurons droit au traditionnel laïus des autorités politiques de la place : « Tout s’est bien passé ; il n’y a pas eu de fraude… » Merci pour le verbe ! merci pour les mots ! ô sbires, sachez, qu’il y a longtemps, la sagacité a dompté le naïf qui est en nous. Que dans une nasse d’ivraies, nous savons, heureusement, reconnaître, le bon grain.

 

La campagne qui a précédé cette élection a démontré que la voix des forces de l’opposition n’est pas encore la bienvenue dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest. Que tout est fait pour empêcher son éclosion, son prochain printemps. Comment ne pas qualifier de grotesque l’argumentaire qui a consisté à écarter de cette bataille la candidature de l’ancien maire de Saint-Coulitz, dans le Finistère, en raison d’une erreur sur sa date de naissance. La vérité, c’est que Kofi Yamgnagne était une vraie menace. Menace en ce sens qu’il pouvait engranger des voix dans les fiefs du RPT. Qu’il avait la carrure et l’intelligence de bousculer une classe politique, rongée par la corruption et le népotisme. Il fallait donc stopper l’élan de ce Bassar.

 

Pis encore, le Prince avait fait en sorte que la commission électorale et ses déclinaisons locales soient dirigées essentiellement par ses proches. Décidément, au Togo, l’on n’est pas encore sorti de l’auberge…

 

Guillaume Camara

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