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Ce mercredi, la liberté est entrée chez Birtukan Mideksa (photo). Birtukan Mideksa ? Je crains que ce nom-là ne vous dise pas grand-chose.

 

Pourtant, il va falloir que vous l’intégriez dans le répertoire des personnages faisant briller dans le monde le soleil de la liberté. Il y a quelques jours seulement, cette jeune juriste de 35 ans, purgeait, en Ethiopie, son pays, une peine à perpétuité. Tout cela parce qu’elle était devenue l’avocate talentueuse de l’opposition en exil. Qu’avec elle pouvait exister une voix s’en prenant courageusement et efficacement au régime en place.

 

Elle interpellait donc, elle dérangeait donc, elle agaçait donc.

 

Conséquence : rien ne lui sera épargné. On la retrouve en 2005, arrêtée puis embastillée, après des élections mâtinées de violences. Avec pour seul chef d’accusation : la trahison. Deux ans plus tard, on lui accorde une grâce. Pas pour longtemps, bien sûr. Puisque les seigneurs de l'exécutif mettront sur pied un autre argumentaire stipulant qu’elle a violé les termes de son amnistie et que par conséquent qu’elle devra à nouveau fouler les terribles carrés de la geôle.

 

Ce sont ce combat, cet acharnement et cette dissidence que les députés européens ont bien voulu saluer le 4 octobre, en nommant Birtukan Mideksa pour le prix Sakharov 2010.

 

Guillaume Camara 

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