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Alors que se poursuivent à Kigali les cérémonies commémorant le 20e anniversaire du génocide rwandais, il est inutile d’affirmer qu’entre Paris et le pays des mille collines les relations ne sont pas bonnes, qu’elles sont plutôt exécrables.

 

Au cœur de ce différend : une interview publiée chez mes confrères de Jeune-Afrique, où Paul Kagamé, en sa qualité de chef d’Etat du Rwanda, s’en prend directement à la France pour sa supposée participation à l’œuvre génocidaire qui défigura sa patrie. Ce que n’apprécient pas François Hollande et le Quai d’Orsay. Du coup, désignée dans un premier temps pour représenter l’Hexagone à cette journée du souvenir - où 800 000 tutsis et hutus modérés perdirent la vie, Christiane Taubira, garde des sceaux, ne fera pas le déplacement. Elle sera priée de ne pas s’éloigner des berges de la Seine.

 

Mais quelle est la vérité des faits ? D’après, Jean-Hervé Bradol, ancien responsable des programmes de Médecins sans frontières des Grands lacs, la France de Mitterrand a bel et bien soutenu le régime de Juvénal Habyarimana dans les années précédant le génocide. Entre 1990-1993, les militaires français assuraient les entraînements des Rwandais. Il indique également que cette abomination n’était pas la conséquence d’une haine ancestrale opposant une ethnie contre l’autre. Pour lui, les vrais tueurs étaient des miliciens de partis politiques, des organisations de jeunesse des partis les plus radicaux.

 

Ce qu’il faut ajouter à ce témoignage, le 6 avril 1994, ce n’est pas un seul pays, ni une géographie qui avait failli, mais toute l’humanité. Le monde s’était montré passif, sourd, complice d’un film macabre, alors qu’une foule d’innocents sans défense le hélait. Voilà ce que doit comprendre M. Kagamé. Lui qui, par ailleurs, sème la terreur chez ses voisins...

 

Guillaume Camara

 
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