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Secret de polichinelle : le monde a changé. Et il change vite. Sauf l’ONU.

 

Ce grand vaisseau qui est censé parler au nom de toutes les patries figurant sur la mappemonde. Quel est son problème actuel ? C’est avant tout son conservatisme. Son incapacité à s’adapter aux nouvelles convulsions géopolitiques d’un monde qui recherche désespérément son pâtre-sauveur. Comment admettre que l’Afrique, qui représente 27 % des pays membres de cette institution planétaire, n’ait pas encore un ou deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité ? Dans les années 40, ou avant, on pouvait comprendre un tel anachronisme besogneux. Mais pas maintenant. Pas dans ce siècle, où l’on fête, faut-il le rappeler, le cinquantenaire des indépendances africaines.

 

L’Afrique, quel que soit le visage de son présent, a son mot à dire dans le concert des nations. « Il est absolument anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent au Conseil de sécurité », clame Nicolas Sarkozy, lors du récent sommet France-Afrique. Avec une telle déclaration, M. le président, j’aimerais bien vous applaudir. Mais je ne le fais pas. Allez un peu plus loin dans vos intentions, en ne suivant pas, je vous en conjure, vos diplomates qui voudraient une réforme transitoire de l’ONU qui inclurait une troisième catégorie de membres faisant partie du Conseil de sécurité. Ceux-ci seraient autorisés à siéger pendant cinq à dix ans.

 

Non, les Africains ne veulent pas des réformettes, des semi-mesures, où ils continueront à occuper des strapontins. Ce qu’ils souhaitent, c’est un nouveau big-bang organisationnel, débarrassé de tous ces instruments de fonctionnement surannés, inadéquats, qui obèrent le rayonnement onusien. Plus que jamais l’ONU doit être à l’image de l’immense foule des peuples…

 

Guillaume Camara

 

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