Cela est un peu ma complainte du jour (…) Et toi, Copenhague vas-tu l’entendre ? Tu sais, comment suis-je, moi, l’Afrique ? Déjà, je vois que tes rues sont envahies de journalistes, d’experts. Et de grands prophètes de l’apocalypse environnementale. Le cénacle que tu dresses pour eux parlera du climat, de ses répercussions, de ses abois. 

 

Mais, regarde, ce que je vis, moi, Afrique ! Le Kilimandjoro, le mont Kenya, le massif des Ruwenzori sont des petits bijoux de la nature. Sur leur crête trônent des glaces : ces charmantes demoiselles, toutes blanches, toutes immaculées et toutes resplendissantes ; mais d’ici vingt ans les experts, encore eux, me disent qu’elles ne seront plus là. Zut alors !

 

Les températures montent, montent. Même dans des régions comme l’ouest de l’Ouganda, le massif des Aberdares. Si la fraîcheur quitte ces aires paradisiaques, je risque d’être malade, malade du paludisme, bien sûr. Sous les eaux de l’Afrique du sud, le chaud a remplacé le froid. Du coup, la migration des sardines est devenue pauvrette.

 

Oh ! j’ai peur pour mon écosytème. Ai-je le droit de te clamer tout cela ? Oui. D’autant que, moi, Afrique, je n’émets que 4% des émissions de gaz à effet de serre.

 

Alors, Copenhague, pour ces pourparlers, ne m’offre pas des bla-bla, s’il te plaît. J’en suis déjà rassasiée, moi, l’Afrique des palabres. Donne-moi des instruments pour m’adapter à ces chambardements. Sinon, je mourrai !

 

 

Guillaume Camara

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