Slim Boukhdhir (photo) est un journaliste indépendant tunisien.

 

Sur nouvelobs.com, il déclare avoir été enlevé et violenté par les policiers le 28 octobre. Aujourd’hui, il a le nez fracturé et souffre de multiples blessures. Sa rue est quadrillée par des policiers en civil…  « Nous n'avons pas de nourriture, pas d'eau minérale, pas de pain, pas de lait. C'est une situation grave. Ma fille de trois ans a vu les policiers, elle pleure tout le temps », dit-il. « Le pouvoir a menacé ceux qui ont critiqué la transparence des élections et l’absence de liberté de presse. La chose était préparée. Il faut relayer l’information. »

 

Cher Slim Bouckhir, nous avons effectivement reçu votre message. Le combat que vous menez est le nôtre. Ce n’est pas la première qu’on vous offense dans votre mission si belle : celle d’informer. On se souvient, qu’il n’y a pas si longtemps, vous aviez été intimidé, agressé par les valets de Ben Ali : simplement, parce que vous aviez osé relater le scandale de Star Academy de Sfax.

 

Dans cette affaire, votre plume a dénoncé la corruption, défendu les familles. Vous voilà, à nouveau, dans les rets d’un régime contesté et contestable.

 

Nous sommes à vos côtés.

 

Nous savons déjà que l'exécutif actuel tunisien n’est rien d’autre qu’une dictature. Qu’il organise des prétendues élections démocratiques pour amuser la galerie. Qu’en narrant le fameux article constitutionnel sur la liberté d’expression, il veut lancer à notre figure l’odieux jeu comique. Et, eu égard à tout cela, certains voudraient qu’on se taise, qu’on ne dise rien sur les faits et gestes du sire de Tunis, puisqu’il lutte efficacement contre l’intégrisme religieux, le terrorisme. Soit. Mais est-ce impossible d’y associer l’éthique et le bon sens ?

 

Guillaume Camara

 

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