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Ouvrez le cahier de l’histoire politique camerounaise. Parcourez-le jusqu’à ce que vous mettiez le doigt sur un nom, celui d’Ahmadou Ahidjo : ce Peul de Garoua, né en 1922, que nul n’attendait politiquement.

 

Car il n’avait pas fait un foisonnant cursus qui le prédestinait à tutoyer les doux lambris de l’Etat : il était un autodidacte, un simple télégraphiste. Un simple télégraphiste qui, soutenu par Jean Ramadier (l’ex-Haut-commissaire français du Cameroun), sera propulsé, en 1958, à la tête du gouvernement, après la démission d’André-Marie Mbida. Et c’est à lui qu’on remettra, en 1960, les clés de l’indépendance.

 

Dans le bilan politique qui est le sien, on peut lui reprocher tout un tas de choses (comme son autoritarisme, son despotisme échevelé). Mais pas sa passion pour l’unité du Cameroun qui est un immense écrin d’ethnies et de langues. Il aura également été un président-modernisateur qui dotera son pays d’infrastructures, d’administration, de police mais aussi d’économie.

 

Discret, Ahidjo quittera le pouvoir. Paul Biya, qu’il choisit lui-même, le remplacera. Mais son départ de l’échiquier politique sera d’une éphémère durée. Puisque l’ayant abandonné, il essaiera, en vain, par un putsch, de le reconquérir. Il s’éteint au Sénégal, à l’âge de soixante-sept ans.

 

Guillaume Camara

 

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