senghor1

 

« Alors, bizuth ! comment t’appelles-tu ? D’où viens-tu ? – Je viens de la Martinique et je m’appelle Aimé Césaire, et toi ? – Je m’appelle Léopold Sédar Senghor et je viens du Sénégal. » Cette citation est celle d’Aimé Césaire qui expliquait à un reporter du journal Le Monde le commencement, au lycée Louis-le-Grand, de son amitié si belle, si riche, si féconde, avec Léopold Senghor.

 

Senghor-Césaire, voilà un couple de poètes sublimes, voilà deux noms à jamais inscrits dans le firmament de la littérature négro-africaine. Ils ont illuminé les consciences ; ils ont porté au pinacle ce que nous, Africains, avons de meilleur poétiquement ; ils ont co-inventé la Négritude que Senghor a défini comme « l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. »

 

Senghor est la lampe de cette prose-souvenirs. Issu de la bourgeoisie sérère, Léopold Senghor voit le jour le 9 octobre 1906 à Joal. Il était le fils de Basile Diogoye Senghor et de Gnilane Ndiémé Bakhoum. A cette maman, il offrit un nom en poésie, « Nyilane la douce ». Proche de cette Tendresse nourricière, l’Enfant de Joal l’était tout autant des Pères spiritains de Ngasobil, du collège-séminaire François Libermann de Dakar. C’est ici qu’il obtint son baccalauréat avant de fouler la terre de France.

 

Entre lui et le pays de Molière, c’est une grande histoire. Une épopée littéraire, une aire de conscientisation identitaire, une passion amoureuse. « Seigneur, parmi les nations blanches, place la France à la droite du Père », écrivait-il dans sa Prière pour la Paix.

 

Mais, par-dessus tout, il était de l’Afrique, du Sénégal. Ce pays qu’il dirigea avec autorité, qu’il initia à la démocratie, au multipartisme. Volontairement, il quitta le pouvoir. Choisit la « normanditude » et les fastes de l’Académie française, dont il fut un membre éminent. Senghor n’est plus de ce monde. Il repose au « Royaume de l’enfance ».

 

Guillaume Camara

Retour à l'accueil