Face à un quelconque miroir, il pourrait se dire : « Je m’appelle Ben Ali, je suis président pour la cinquième fois, et j’en suis fier. » Zine El Abidine Ben Ali est un monarque, pas un président. Un autocrate, pas un démocrate.

 

Depuis 1987, il règne, sans partage, sur la Tunisie. Tombeur du père de la nation, Habib Bourguiba, atteint de sénilité, ce prince reste un ennemi de la démocratie. Il s’en sert uniquement pour conforter la mascarade. Comme en témoignent ses scores pharaoniques, engrangés à chaque élection présidentielle. Hier il s’est adjugé 89, 62 %  des suffrages exprimés. Un peu moins que lors des deux dernières consultations présidentielles, où il avait franchi la barre de 90 % (…)

 

Quant à l’opposition, elle ne s’est contentée que des miettes. Rien que des miettes. Puisqu’à 73 ans, Ben Ali est bien parti pour être le président à vie. Même si la constitution tunisienne (qu’il n’a cessé de modifier avec le concours de son tout-puissant Rassemblement constitutionnel démocratique) l’y interdit fermement.

 

Les jours sont si longs, si affreux pour les démocrates et militants tunisiens des droits de l’homme. Qu’ils le sachent à travers cette prose : qu’ils ne sont point oubliés ! Eux qu’on musèle, eux qu'on emprisonne, eux qu’on bafoue dans leur dignité. Ils sont le sel de cette nation que Ben Ali prétend aimer, car, il lui a ouvert les portes de la modernité : celle qui acclame la réussite économique.

 

Guillaume Camara

 

 

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