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Les chaînes de télévision se retirent peu à peu de tes pourtours. Dans quelques jours, elles orienteront leurs micros et caméras vers un autre ailleurs (…) Que veux-tu ? C’est cela la loi de l’info.

 

Et plus personne ne parlera de toi. Toi, Haïti, dont le calvaire est si grand.

 

J’entends encore le râle poignant de ton peuple. Je ne souhaite pas que tu intègres la caverne des cités oubliées. Les jours qui ont précédé, tout a été dit sur toi ; des superlatifs ont jailli de tous les bords, de toutes les bouches. Quelquefois raisonnablement, quelquefois exagérément. Certains ont même dit que ce séisme qui t’a écrasée était la conséquence d’une malédiction. Malédiction ? Ce mot, je le trouve inopportun, moche. Je le récuse. De toutes mes forces. Comme Dany Laferrière, un de tes fils aux talents immenses.

 

N’importe quelle contrée de la terre aurait pu subir ton drame. Je dis bien : ton drame, pas ta malédiction. Tu n’es pas dans les rets de l’imprécation divine. Tu n’es pas en train d’écrire, ici-bas, un nouveau récit de Job. Mais ça, tu le sais déjà.

 

Haïti ! Haïti ! chante ta foi ! chante ton éternel psaume d’espérance. Crois en la Résurrection de tous tes enfants tués, foudroyés, déchiquetés. Sois inébranlable. N’oublie pas que c’est toi qui montras le sillon à la première négritude indépendante. 

 

Guillaume Camara 

 

 

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