jean-paul-II-photo.jpg

 

Il n’y a point de doute : dimanche 27 avril, la Place-Saint-Pierre de Rome sera noire de monde.

 

Des foules viendront de partout pour vivre là cet instant solennel, où Jean-Paul II et Jean XXIII seront proclamés saints. Seront canonisés, pour parler comme les doctes de la sainte théologie. Autrement dit, désormais, c’est sur les autels qu’on les honorera, qu’on leur offrira une dévotion éternelle.

 

Dévotion éternelle ? De son vivant, Jean-Paul II n’y avait pas échappé. Il était un pontife respecté, aimé, adulé, notamment par les jeunes. Pour qui il avait crée les Journées Mondiales de la Jeunesse, une sorte de Woodstock spirituel où l’on proposait à tous l’amitié avec Jésus de Nazareth. A ses obsèques, ces mêmes jeunes, et avec tant d’autres, avaient scandé un puissant « Santo subito » (Saint, tout de suite). Car pour eux, l’enfant de Wadowice était déjà un saint. Il fallait que cela se sache.

 

Mais le pape Wojtyla n’était pas seulement ce spirituel estimé, il était le chef du plus petit Etat du monde, le Vatican. Là où aiment venir les présidents et rois du monde, là où s’était créée entre lui et Mikhaïl Gorbatchev l’alliance qui allait hâter l’effondrement du système communiste. Toutefois, tout n’était pas rose dans ce pontificat. On peut regretter que le pape n’ait pas agi, avec célérité et efficacité, contre le fondateur des Légionnaires du Christ, Marcial Maciel, impliqué dans les affaires de mœurs et de pédophilie. Que Benoît XVI, dans Lumière du monde, qualifia de « faux prophète ».

 

C’étaient les ombres…

 

Et il est temps d'évoquer la figure de Jean XXIII. Il restera dans l’histoire du catholicisme comme un des plus grands réformateurs. C’est le pape du concile Vatican II. Ce big-bang qui modernisa l’Eglise et lui donna les outils incommensurables et efficaces de son aggiornamento au monde. Le bon pape Jean fut aussi l’auteur d’une encyclique superbe, Pacem in terris. Il y écrivait : « La paix ne saurait régner entre les hommes si elle ne règne d’abord en chacun de nous, c’est-à-dire si chacun n’observe en lui-même l’ordre voulu par Dieu. »

 

Guillaume Camara

Retour à l'accueil