Il y a cinq jours l’Allemagne commémorait un événement à jamais inscrit dans les manuels d’histoire : les vingt ans de la chute du Mur de Berlin : cette immense tonne de béton qui symbolisait à elle, seule, la fracture entre l’Est et l’Ouest.

 

C’est devant cette même tonne de béton, cette fois-ci vaincue, ébranlée, que le célèbre violoncelliste, Mistlav Rostropovitch, joua quelques notes pour annoncer la liberté retrouvée. 1989 est loin. Mais pas tant que cela. Avant cette année-là, nombreuses étaient les nations européennes qui vivaient sous le joug communiste. Dans ces terres-là, pas de liberté d’expression, pas de démocratie, pas de respect de la dignité humaine. Tout était confisqué, arbitrairement, cyniquement, par un système. L’homme (avec grand H) était devenu une simple machine au service d’une basse idéologie : le communisme.

 

 

Or ce qui, paraissait indéboulonnable, indéracinable, immortel, prit fin. Grâce à l’intelligence et à l’audace d’un souverain pontife slave, polonais, Jean-Paul II. Il modifia l’Ostpolitik, conforta les dissidences. Sans lui, le monde serait encore dans la longue nuit du communisme. « Rien de ce qui s’est passé à l’Est n’aurait pu se produire sans ce pape-là », dira Gorbatchev. « Ce n’est pas Gorbatchev qui a fait tomber le Mur, c’est le pape », soutiendra de son côté Lech Walesa.

 

Dans Mémoire et identité, l’intéressé, lui-même, s’en est expliqué. Avec beaucoup de modestie : « (…) Je sais bien qu’il serait ridicule de croire que c’est le pape qui a abattu le communisme de ses propres mains. Je pense que l’explication se trouve dans l’Evangile. Quand les premiers disciples reviennent près de leur Maître, ils disent : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom (Luc 10, 17). Le Christ leur répond : Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis : mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux (Luc 10, 20). Et en une autre occasion il ajoute : Dites-vous : nous sommes des serviteurs inutiles : nous n’avons fait que notre devoir (Luc 17, 10). » 

 

Guillaume Camara

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