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Le petit écran nous a encore offert un fait-divers : hier, à Abobo, en Côte d’Ivoire, six femmes, manifestant et réclamant à tue-tête un retour à l’ordre constitutionnel, ont été exécutées à la mitrailleuse par les soldats du toujours président sortant, Laurent Gbagbo (photo).

 

Depuis l’élection du 28 novembre, les Nations-Unies font état de 325 tués dans le pays. Cette litanie macabre va-t-elle s’arrêter ? A-t-on le droit de prendre en otage une population qui, le temps d’un scrutin, a délibérément choisi l’Homme qui allait présider à son destin ? La réponse est non. Et non. Car nous savons tous (et nous ne cesserons de le proclamer sur tous les toits) que le vainqueur de la dernière présidentielle ivoirienne a un prénom et un nom : Alassane Ouattara. Que le perdant aussi a un prénom et un nom : Laurent Gbagbo.

 

Les règles en démocratie sont simples et claires : celui qui s’aperçoit du refus de l’onction populaire cède immédiatement la place à l’Autre. Pas le contraire. Comme le fait hardiment et injustement Gbagbo en s’arc-boutant sur un pouvoir en banqueroute. Pour cela, il s’abrite derrière des alibis, somme toute, contestables. Tels que : C’est moi qui suis le président gagnant et le conseil Constitutionnel de mes amis l’a confirmé. Par conséquent, je ne partirai pas, je resterai. Ouattara, c’est le candidat victorieux de l’Occident.

 

Et oui, c’est toujours la faute à l’Occident. Cette argumentation, les dirigeants africains en difficulté, déchus ou en voie de l’être, s’en servent régulièrement. Soit pour cacher leurs turpitudes, soit pour dilater la fibre nationaliste des peuples, dont ils ont la charge. Or quand ils sont à la Maison Blanche ou sur le perron de l’Elysée, ils ne disent rien, ils n’apostrophent jamais, ils deviennent ces princes dociles, taiseux, prêts à chanter l’hymne d’une coopération bilatérale solide.

 

Heureusement que la jobardise ne règne plus en nous. Et que, dare-dare, par ces mots, nous dénonçons : Assez de toutes ces comédies ! Assez de toutes ces gesticulations éculées et stupides !

 

 L’heure est venue de dire à tous ces ennemis de la démocratie, à tous ces potentats d’aujourd’hui et d’hier, qu’ils sont, eux aussi, en partie, en grande partie même, responsables du malheur africain. Le futur de l’Afrique ne se bâtira pas sans une autocritique nécessaire et rédemptrice.

 

Guillaume Camara

 

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