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Dimanche, ce sera la présidentielle en Côte d’Ivoire. Ce sera, décrétons-le vite, et qu’il plaise à la Providence, la fête de la démocratie ivoirienne.

 

Par cet acte fondamental, cette nation est appelée à sceller son destin. Il n’y a pas si longtemps avoir le passeport ivoirien était gage de sécurité. Car ce pays n’était pas comme les autres, ne vivait pas comme les autres, ne pensait pas comme les autres : il était tout simplement singulier. Puisqu’il offrait à tout visiteur le spectacle d’une cité tournée vers la modernité. Y aller donnait la possibilité d’infirmer certaines logorrhées afro-pessimistes sur le développement. Là-bas, il y avait vraiment le miracle économique.

 

Entre-temps, Félix Boigny est mort. Il y eut une brève transition constitutionnelle, un quarteron de soldats au pouvoir, puis Laurent Gbagbo. Avec ce dernier, la terre ivoirienne connaîtra la plus grande implosion de son histoire récente. On assistera, abasourdis, aux bisbilles sanglantes entre Nordistes et Sudistes. Bizarre ! pour un pays qui avait les mains fraternelles.

 

Nous voulons espérer que cette page est définitivement tournée. Que le visionnaire Félix Boigny enverra à chacun des principaux candidats à ce scrutin, à Gbagbo, à Bédié, à Ouattara (photo), cette missive d’outre-tombe : « Fils bien-aimé ! En te quittant, j’avais laissé notre Côte d’Ivoire debout, conquérante, amie du melting-pot. C’était une Côte d’ivoire qui avait fait les plus belles épousailles avec l’économie, qui ne divisait pas mais rassemblait, qui se moquait des clivages ethniques ou partisans. Dimanche ! fais que cette Côte d’Ivoire-là advienne à nouveau. Et ma joie sera grande. »

 

Guillaume Camara

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