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Chers diplomates du monde, si vous venez à Dakar, ne dites rien, ne faites rien, taisez-vous ! Restez dans votre tour d’ivoire ! Surtout s’agissant de la politique intérieure, ne formulez aucun grief. Et si par mégarde, vous optez pour une stratégie différente, contraire, sachez que vous trouverez, assurément, sur votre chemin le sire de Dakar, Abdoulaye Wade.

 

Demandez un peu à Jean-Christophe Rufin (ce désormais ancien ambassadeur de la France au Sénégal) (photo) ce qui lui est arrivé. Il y a quelques mois, il s’est attiré les foudres wadiennes, parce qu’il avait osé émettre des conditions, des réserves, pour le soutien français du Sénégal auprès du Fonds monétaire international.

 

Romancier talentueux, humanitaire convaincu, M. Rufin est quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. Et c’est le moins l’on puisse dire. Son verbe a dérangé. Il n’a pas plu à Wade. Dare-dare, ce dernier l’a fait savoir à l’Elysée, à son ami Nicolas Sarkozy. Décision : Rufin congédié ! Rufin doit s’en aller. Car il a parlé, il a agi, il a fustigé. Pas comme l’auraient souhaité Abdoulaye Wade, le prince héritier Karim Wade, l’obscur avocat franco-libanais Robert Bourgi.

 

Après l’épisode Bockel-Bongo, nous voilà avec l’épisode Wade-Rufin : comme quoi nous pouvons, dès maintenant, vaincre notre jobardise ! Et proclamer, définitivement, que la Françafrique n’est pas morte. Elle scintille, toujours.

 

Guillaume Camara

 

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