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Jusque-là, le président Ben Ali, champion en répression, pensait que son inclination à lutter contre l’islamisme, à avoir une industrie touristique la plus performante, suffirait à le rendre, aux yeux du monde, exempt de tout grief. Que la docilité du peuple tunisien à son égard (comme ce fut le cas sous l’ère Bourguiba) serait inébranlable. Erreur de diagnostic.

 

Puisque depuis la mi-décembre, la Tunisie vit, à sa façon, l’ébauche d’une Perestroïka. Avec comme principaux protagonistes : les jeunes. Sur le petit écran, on les voit partout. Dans les rues. Dans les voitures klaxonnant. Fougueux et déterminés, haletants et méthodiques, ils manifestent ; ils appellent à des réformes tous azimuts ; surtout, ils veulent des jobs pour construire le derrick de leur futur. Le régime en place riposte, lance des cocktails Molotov, tire à balles réelles. Parfois tue quelques-uns. Affliction.

 

Car derrière ces cris protestataires, derrière ces angoisses affichées, se lèvent de légitimes interrogations : A quoi ça sert d’aller à l’université pour acquérir des diplômes qui n’offrent aucun débouché professionnel ? A quoi bon de croire au fameux discours politique, s’il se penche peu ou pas au devenir d’une jeunesse déboussolée ? Un homme d’Etat est celui qui comprend la musique de son peuple. Pas l'inverse.  

 

Guillaume Camara
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