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L’élection présidentielle est une pierre angulaire dans une démocratie. Elle est cette fenêtre par laquelle pénètre le souffle qui fait vivre une cité.

 

Pour les Guinéens, ce souffle doit, normalement, advenir le 27 juin. Aura-t-il des conséquences positives sur le pays de Sékou Touré (photo) ? Nul ne le sait. Car la Guinée ressemble à un albatros, ayant toutes ses ailes, mais ne sait pas voler. Première nation de l’AOF (Afrique occidentale française) à acquérir avec boucan son indépendance, elle est un cocktail de contradictions affligeantes. Son sous-sol est béni des dieux. Tout y est : la bauxite, l’or, le diamant, le fer… A l’école, on nous apprenait aussi qu’elle était le « Château d’eau de l’Afrique de l'ouest. » Mais celui qui connaît la réalité guinéenne récusera cette litanie. La contestera, à juste titre. Puisqu’à Conakry la pauvreté est l’amie des chaumières ; l’eau et l’électricité y sont rarissimes. Pendant ce temps, ceux qui ont réussi à piller les deniers du pays n’hésitent pas à s’exhiber affreusement dans de chics bagnoles ou à se réfugier dans des citadelles, où ils rendent gloire à leur prétendue prospérité. 

 

Qui sont les responsables de cet état déliquescent ? Le premier s’appelle Sékou Touré. Le second, Lansana Conté. Et le dernier, Moussa Dadis Camara. Voilà trois noms, trois visages qu’il faille convoquer un jour au grand tribunal de l’anamnèse. Jamais, ils n’ont su donner aux Guinéens la chance auguste de rentrer dans la modernité, d’élever les tréteaux économiques. D’offrir à leurs enfants un avenir meilleur. Au contraire, ils les ont abreuvés de laïus soporifiques, de sketches stupides, de nationalisme.

 

Après 52 ans de gâchis, de douleurs, de misère béante, la Guinée se doit de repartir. Sans tarder.

 

Guillaume Camara

 

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