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Le réalisme politique permet de dire ceci : le nouvel homme fort guinéen n’est plus un capitaine mais un général. Et ce dernier a pour nom : Sékouba Konaté. 
C’est lui qui pilote la maison Guinée, en attendant que s’achève la convalescence marocaine de Moussa Dadis Camara (photo), le fantasque chef de la junte, l’ami de Machiavel, à qui Toumba a voulu abréger les jours. 

 

La Guinée est malade. Malade dans son être et dans ses institutions. Le désordre est partout ; pour s’en convaincre, il vous suffit d’ausculter le sommet de l’Etat guinéen (s’il y en a encore). Il y a quelques jours, Idrissa Chérif, porte-parole et ministre de la communication de la junte faisait une déclaration fracassante, où il soupçonnait la diplomatie française et « les services français » d’avoir voulu préparer un putsch en Guinée. Des propos qui ont été, promptement et fortement, désavoués par son collègue des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua. 

 

Le bordel est là. Le pire : il habite immensément l’armée guinéenne. Moussa Dadis Camara en sait quelque chose. S’il a échappé miraculeusement à l’attentat qui faillit lui coûter la vie, c’est pas parce qu’il avait fait preuve d’une certaine bravoure, d’un superbe sens de la riposte ou d’une quelconque protection divine, simplement, ce jour-là, les assaillants étaient maladroits, moins stratèges, définitivement idiots, dans l’orchestration de leur plan de mort.

 

Chez les soldats guinéens, on s’en fiche du grade du chef qui est en face, seuls comptent l’épaisseur et le volume de ses muscles. Le miasme bordélique est une plaie grave pour une cité, une collectivité, un espace régalien comme l’armée qui a reçu le mandat de protéger. S’il n’est pas vaincu, l'embrasement est proche.  

 

Guillaume Camara

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