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Moubarak (photo) et Ben Ali n’ont plus les rênes de leur nation. Ils ont été congédiés, houspillés, brocardés, rejetés par des foules en furie.

 

Longtemps, ils ont cru à l’éternité de leur pouvoir, en érigeant des grands remparts de la répression, en foulant au pied les libertés fondamentales des peuples qu’ils prétendaient servir. Mais l’Histoire nous a montré que même la pire des tragédies a une fin. Que le glas des obscurités peut sonner à tout moment. Qu’un Etat, dont le système se reposant essentiellement sur le mépris de l’éminente dignité de la  personne humaine, est appelé à disparaître. Les anciennes dissidences des pays de l’Est, nous offrent, à cet égard, des exemples magnifiques.

 

Inattendu, le printemps est enfin arrivé à Tunis et au Caire. Tel est le lyrisme que proclament tant d’observateurs. Doit-on faire comme eux ? Non. Méfions-nous de la grandiloquence et des superlatifs féconds. La plupart du temps, ils nous détournent d’une saine analyse. Les victoires qu’on célèbre ces jours-ci sont d’abord celles des peuples, naguère privés d’une once de liberté. Sans leur héroïsme, leur obstination, leur audace, rien ne se serait produit. On aurait encore vu le statu quo bâtir sa citadelle. Et l’Occident (aujourd’hui exultant) nous prêcher cette antienne : Surtout n’enquiquinez pas nos deux raïs chéris ; avec eux, l’islamisme ne triomphera pas ; les Barbus seront dans les geôles. Et nous en paix. Laissons-les comme tels. Tels même s’ils abhorrent la démocratie, violent les droits humains, orchestrent la corruption et le népotisme.

 

C’est maintenant à la puissance populaire de ne plus tolérer l’intolérable. Le crépuscule des potentats est proche. Bonne nouvelle !

 

Guillaume Camara

 

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