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Pauvres terriens que nous sommes ! Trop souvent, nous avons tendance à nous considérer comme des êtres infiniment invulnérables. Des serviteurs d’un post-modernisme triomphant, où rien ne peut échapper à notre sagacité, où tout paraît domptable sur notre horizon.

 

Nous sommes seigneurs et archi-puissants.

 

Or les échos qui nous parviennent depuis quelques jours du Japon infirment ces allégations. Ils nous font plutôt croire que nous ressemblons à ces petites baraques sableuses, improbables, construites au bord d’un océan par des mains d’enfants. « Homme du XXIe siècle ! Homme de tous les temps ! Homme qui a marché sur la lune et crée l'Internet ! fragilité est ta patrie », pourrait dire le poète imaginaire de cette apocalypse. Une apocalypse qui a enseveli des vies humaines, détruit des paysages, rasé des bourgs. Les colères telluriques (doublées d’un tsunami) sont des phénomènes naturels difficilement contrôlables : en ce sens, il nous est impossible de dire, à l’avance, au chiffre près, l’étendue de leurs conséquences.

 

C’est ce qui fait d’ailleurs que lorsqu’elles se produisent, elles nous écrasent émotionnellement. Mais le bilan aurait été encore pire, si le Japon ne s’était pas doté d’une architecture para-sismique idoine. Même ça, ce pays est groggy. Il cherche à comprendre la tragédie qui l’étreint. Et ce n’est sans doute pas le spectre d’un accident nucléaire qui va arranger les choses.

 

Pour tous ces cortèges de cadavres connus ou inconnus, mettons l’oriflamme de notre cœur en berne.

 

Guillaume Camara   

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