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« Plusieurs corps de victimes récupérés par les familles avaient reçu des balles dans la tête, le thorax ou les côtes ». « L'utilisation d'armes mortelles contre des civils non armés, le fait d'ouvrir le feu à balles réelles et sans sommation sur une foule compacte assemblée sur la pelouse et d'avoir tiré jusqu'à épuisement des balles et visé les parties du corps comprenant les organes vitaux sont autant d'indications de l'intention préméditée de faire un maximum de victimes parmi les manifestants. » « Des femmes ont été violées avec des objets, notamment des baïonnettes, des bâtons, des morceaux de métal, des matraques ; des militaires ont achevé des femmes violées en introduisant les fusils dans leur vagin et en tirant ; une femme aux yeux bandés, qui avait été violée, a été égorgée par un militaire au moment où elle arrachait le foulard de ses yeux. »

 

Ce que vous venez de lire là n’est pas un récit romanesque, ni une science fiction, ni une mystification, c’est le fruit d’une enquête onusienne sur les massacres perpétrés sur le stade 28 septembre de Conakry. 680 témoins ont été entendus.

 

Le document, remis au secrétaire général de l’Onu, Ban ki-Moon, parle d’emblée de crimes contre l’humanité. S’appuie sur des scènes horribles, macabres, humainement insoutenables. Comme celles de ces pauvres femmes, emmenées de force au camp Alpha Yaya Diallo pour y être violées, systématiquement, et durant plusieurs jours, par les soldats eux-mêmes.

 

Et les enquêteurs citent nommément les instigateurs : le capitaine Moussa Dadis Camara (chef de la junte guinéenne), le lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité (Toumba), le commandant Moussa Thiegboro Camara, le capitaine Jean-Claude Pivi. Si ces derniers avaient des ambitions politiques, qu’ils n’y songent plus. Qu’ils préparent leur défense (comme c’est le cas pour tout le monde) dans la perspective d’un procès international qui se prononcera sur tous ces faits abjects, ignominieux, démoniaques.

 

Un Etat ne doit pas être dirigé par des criminels, des voyous, des ennemis de la démocratie, mais par des gens qui comprennent que la dignité humaine est sacrée. Qu’elle est au-dessus de tout, vraiment de tout.  

 

Guillaume Camara

 


 

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