Vendredi, sur le perron de la Maison Blanche, derrière le pupitre présidentiel, on l’a senti humble, presque gêné, pour saluer la prestigieuse distinction qu’il venait de recevoir quelques heures plus tôt : oui, Barack Obama est bel et bien le prix Nobel de la paix 2009.

 

Une nouvelle qui a suscité tant de stupéfaction, de satisfaction mais aussi de désapprobation. Comment comprendre le choix de l’auguste comité Nobel ? Prosaïquement, les jurés distinguent un homme ou une femme dont l’action aura permis à l’humanité de faire un saut fantastique vers la paix, la justice ou l’égalité fraternelle. Or Obama vient d’arriver...

 

Sans doute, ont-ils voulu mettre en exergue la vision, l’audace, les promesses d’un homme. D’un ancien travailleur social de Chicago, fils d'un Kenyan, qui pendant sa campagne victorieuse a invité des foules au banquet d’une Amérique réconciliée, fraternelle, ouverte sur le monde. D’un tribun qui a prononcé à Philadelphie un superbe discours sur la race. D’un avocat qui a offert au monde (au lendemain d’un bushisme médiocre et belliciste) une éloquence lumineuse au service du multilatéralisme, du dialogue des cultures et des religions.

 

Mais Barack Obama, en est conscient, il devra faire davantage. Les chantiers sont immenses : la paix n’a pas encore jailli entre Israéliens et Palestiniens ; en Irak et en Afghanistan, l’Amérique est dans un bourbier ; pour le nucléaire, l’Iran continue à clamer son obstination…

 

Guillaume Camara

 

 

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