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Jusqu’à une date récente le Sénégal apparaissait aux yeux du monde comme un baromètre fondamental en matière de démocratie en Afrique. Mais les événements actuels démontrent qu’on est bien loin de cette perception flatteuse. Qu’il y a désormais, un autre Sénégal, celui d’Abdoulaye Wade, celui qu’on peut contester. Parce qu’il n’offre plus le triomphe d’une symphonie démocratique que, patiemment, courageusement, Léopold Sedar Senghor s’était évertué à composer pour sa patrie bien-aimée.

 

Wade a démoli donc ce qu’avait construit cet illustre prédécesseur. Il le fait en osmose avec les hauts magistrats qui en catimini ont donné quitus à sa candidature pour une nouvelle présidentielle. Avaient-ils le choix, ces hommes en toge ? Pouvaient-ils dire autrement le droit ? En vérité, ils n’ont fait que proclamer les délices d’une constitution tripotée, remaniée, abaissée, ébranlée pour la gloire d’un seul nom : Wade.  Le « Vieux ».

 

On aurait pensé que l’âge canonique venant, ce dernier ne se serait pas servi des stratagèmes infâmes pour se maintenir. Qu’il choisirait l’horizon de la retraite et donnerait ainsi la chance à un autre, plus jeune que lui, plus bouillant que lui, voire plus compétent que lui, d’esquisser un nouveau chemin pour la cité sénégalaise.

 

Quand viendra le temps de l’analyse et de la glose pour les historiens, on ne trouvera que deux viles choses dans les années wadiennes : d’abord le tripatouillage constitutionnel, ensuite l’érection d’un monument moche et coûteux, appelé Renaissance africaine. Archi-dépendant de l’aide bilatérale, archi-pauvre aussi par son sous-sol, le Sénégal a vraiment besoin, aujourd’hui, d’un Moïse probe, franchement démocrate et patriote, qui s’attaquera aux nombreux défis posés par son développement.  

 

Guillaume Camara 

 

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