mohamed-VI-2.jpg

 

C’est un Mohamed VI costumé-cravaté, solennel, assis sur sa cathèdre royale, qui s’est adressé, la semaine dernière, au peuple marocain. Dans son discours, il prévoit de lui concocter, par le biais d’un referendum, des réformes dites « démocratiques ».

 

Celles-ci, souligne-t-il, donneront au leader du parti arrivé en tête des législatives, les prérogatives nécessaires à la formation de son gouvernement. Les diplomates et les gouverneurs des régions seront également nommés par le chef de l’exécutif. Sauf que le roi détiendra les pouvoirs militaires et religieux.

 

Bigre ! Si on se fie à la théorie de Montesquieu, la démocratie est d’abord une affaire de séparation des pouvoirs. De responsabilités devant des instances gardant jalousement leur indépendance et leur feuille de route. Sans cette clé de voûte, elle ressemble plutôt à une coquille vide, à un cul-de-jatte.

 

Le laïus de Mohamed VI (photo) ne convainc donc pas. Il prétend répondre à des aspirations populaires portées par le printemps arabe. Mais il n’en est rien. Puisque militairement et religieusement, il brandira toujours son sceptre, dans ce Maroc rongé par la corruption et le despotisme du Makhzen (l’élite).

 

Aussi doit-il s’assurer que le monde change et le Maroc changera. Qu’il le veuille ou non. C’est l’un des signes du temps. Allez un peu d’effort, Sa Majesté !

 

Guillaume Camara

 

 

Retour à l'accueil