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Il y a presqu’un mois la Haute-Cour de Dacca, au Bengladesh, confirmait une décision à l’encontre de Muhammad Yunus (photo), le père du micro-crédit. A savoir que ce dernier devait quitter la direction de la Grameen Bank pour raison de limite d’âge (fixée à 60 ans).

 

Or Yunus a aujourd’hui 70 printemps. En général, en tant que justiciables, il ne nous appartient pas de motiver, ni de contester une décision de justice. Nous avons encore foi en cet aphorisme latin : Dura lex sed lex (la loi est dure mais c’est la loi). Sauf que le cas d’espèce (qui entraîne la rédaction de ce billet) n’apporte pas une noblesse à cette phrase, il l’obscurcit, il l’appauvrit par ses bas desseins : ici, la justice n’a pas été dite par la justice mais par les stratagèmes politiques. On a voulu s’appuyer sur un faux prétexte, sur l’âge de Yunus (que tout le monde connaissait avant) pour hâter son déclin.

 

Car, en vérité, ce grand champion de la lutte contre la pauvreté, par ailleurs Nobelisé, dérange le pouvoir en place. Il n’est guère apprécié par le premier-ministre, Sheik Hasina, dont le gouvernement avait déjà diligenté, en janvier, une enquête sur un détournement de fonds des donateurs de la Grameen, suite à un documentaire réalisé par une télévision norvégienne. Dans cette affaire, elle avait reçu un démenti formel de la Norvège.  

 

Guillaume Camara

 

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