Vendredi 2 décembre 2011
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La récession se mêle de tout. Elle est au cœur de tout, actuellement. Elle est cet indice qui atteste que le ciel économique mondial vit un hiver terrible.
Partout, désormais, s’accumulent des peurs, s’échafaudent des nuages apocalyptiques annonçant la fin probable de l’euro. Oui on en a la frousse ! Cela étant dit : ne faisons pas
non plus cette erreur monumentale d’affirmer que cette crise est comparable à celle de 2008, où l’on avait vu les pans entiers de l’économie internationale s’ébranler, à cause des crédits à taux
variable américains. Ce que nous vivons à présent n’est rien d’autre qu’une incapacité des dirigeants européens à organiser, à harmoniser, à mutualiser la marche de leurs économies. L’Europe a
construit sa politique, mais elle a oublié son économie. Or il se trouve que bon nombre de ses nations vivent aujourd’hui à crédit. Leurs déficits sont abyssaux. Pensez que maintenant ce ne sont
plus les peuples qui défont les exécutifs mais les agences de notation. Celles-là mêmes qui avaient fait des analyses aberrantes, mensongères, sur l’état des banques ayant entraîné le chaos des
subprimes. Cette crise peut prendre fin à condition qu’il y ait plus d’audace, de volontarisme de la part des autorités européennes. Que soit instaurée une véritable discipline budgétaire. Que la
Banque centrale européenne soit le prêteur en dernier ressort. Ce qui annihilera la spéculation frénétique des marchés.
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
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Vendredi 23 avril 2010
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En
septembre, New York accueillera un sommet autour des « Objectifs du Millénaire ». Qu’appelle-t-on « Objectifs du Millénaire » ? C’est une somme de
recommandations qui visent à réduire le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, à développer la santé et l’éducation. Pour cela, les pays riches s’étaient engagés à consacrer 0,7 %
de leur richesse nationale à l’aide au développement d’ici 2015. Mais selon l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), tout ne semble pas bien fonctionner. Il y a
un retard par rapport aux promesses tenues. D’où cette mobilisation de l’Union européenne qui souhaite qu’il y ait « un plan d’action crédible » et un « pouvoir de surveillance » pour chaque pays sur la manière de remplir ces objectifs. Personnellement, je suis sceptique quant à l’efficacité de tous ces mouvements, de tous ces sommets, de tous ces idéaux qui prétendent prêter main-forte au
Tiers-Monde. Regardez ! De 1970 à nos jours, l’Afrique subsaharienne a reçu un total de plus de 300 milliards au titre de l’assistance au développement. Une somme colossale qui aurait dû
permettre à cette région du monde de rompre d’avec ce cycle de maladies, de pauvreté et de dépendance. « L’assistance, soutient l’économiste zambienne, Dambisa Moyo, a été et
continue d’être, pour la plus grande partie du monde en développement, un total désastre sur le plan politique, économique et humanitaire ».
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
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Mardi 30 mars 2010
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Dans un monde, où règne outrageusement un machisme complaisant et stupide, un message vient de nous parvenir. De
Nairobi. Et ce message est signé par les femmes d’affaires africaines. Ces dernières – quoi qu’on en dise, et je sais que l’expression est éculée - restent l’avenir du continent noir. Elles
sont les géniales ouvrières d’une Afrique qui sait dépasser ses clichés peu reluisants, misérabilistes, qui se prend en main, qui balise son chemin économique. Le cénacle, qu’elles ont dressé
ces jours-ci, était rafraîchissant, rassérénant, débordant d’espoir. Oui débordant d’espoir, car, au Kenya, on y a parlé de meilleure intégration économique pour les femmes, des chamas (des
groupes d’investissement collectifs), de la frilosité des institutions bancaires s’agissant des prêts. Or toutes les statistiques du microcrédit démontrent qu’une femme qui emprunte est
généralement une femme qui rembourse, qui met l’essentiel de son trésor financier dans l’éducation de ses enfants. C’est pourquoi il faut saluer l’intuition de Graça Machel (photo) qui, pour
cette première rencontre, a voulu associer la Banque africaine de développement (BAD).
Guillaume Camara
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Vendredi 23 octobre 2009
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« L'aide fatale » : quel nouveau souffle pour une Afrique qui a du mal à quitter l’île du sous-développement ! quel ouvrage-tremblement de terre ! Son auteur s’appelle Dambisa
Moyo (photo). Zambienne, elle est diplômée en économie d’Oxford et de Harvard. S’appuyant sur une langue économique argumentée, claire et moins technicienne, elle affirme que l’assistance
« a été et continue d’être, pour la plus grande partie du monde en développement, un total désastre sur le plan politique, économique et humanitaire. » « Au cours des trente dernières, les pays qui dépendent le plus de l’aide attestent une croissance annuelle de moins de 2%. Entre 1970 et 1998, quand le
flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum le taux de la pauvreté des populations s’est accru : il est passé de 11% à 66% », écrit-elle. L’aide est aussi un terreau propice à la
corruption. On apprend qu’au cours de son règne Mobutu Seseko, le président de l’ex-Zaïre, a volé une somme équivalente à la totalité de la dette extérieure de son pays, 5 milliards de dollars.
Il venait d’obtenir un rabais quand il loua le Concorde pour que sa fille puisse se rendre en Côte d’Ivoire. Des solutions ? Moyo souhaite que
l’Afrique renforce ses institutions, élabore un plan économique anti-aide et se tourne vers l’Asie, notamment la Chine qui, grâce à des investissements directs étrangers et à une
croissance des exportations, a pu rejoindre le club des géants économiques.
Guillaume Camara
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Vendredi 16 octobre 2009
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« Business is business », disent les Anglo-saxons. La Guinée vient de parapher un accord de
partenariat dans le secteur minier avec le China International Fund et la Sonangol, une société pétrolière angolaise. D’après le ministre guinéen des mines, Mohamed Thiam, la Chine est prête à investir entre 7 et 9 milliards de dollars dans l'exploitation minière
et pétrolière, mais aussi dans des infrastructures routières, ferroviaires, des ports, des hôpitaux… Des investissements pour l’économie guinéenne, pourquoi pas. Personne ne contestera le fait
qu’une économie digne de ce nom a besoin des capitaux étrangers pour s’oxygéner, pour se revigorer. En revanche, ce qui est contestable, c’est l’opportunité d’une telle signature. La Guinée n’a
plus de direction réelle. Pas d’état de droit. Le pays est piloté par des personnes qui, après le massacre de plus de 150 personnes sur le stade 28-septembre de Conakry, sont soupçonnées
de crimes contre l'humanité. Pactiser avec elles, c’est de faire outrage à l’éthique, au bon sens. Mais la Chine de Mao se moque de ces
dimensions-là. Son obsession reste l’accaparement vorace des ressources naturelles du continent noir. Et ce, quelle que soit la nature des régimes en place.
Guillaume Camara
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