Vendredi 9 décembre 2011
5
09
/12
/Déc
/2011 17:51
Diantre ! Mumia Abu-Jamal ne verra donc pas le chemin de la potence. C’est en tout cas ce que vient
de
décider cette semaine le procureur de Philadelphie Seth Williams. Quelle
décision ! quand on sait que depuis une trentaine d’années, cet homme, ce militant du mouvement révolutionnaire Black Panthers, purge une peine de prison pour le meurtre d’un policier blanc.
Un crime pour lequel il a toujours clamé son innocence. Il serait déjà mort, s’il n’avait pas eu de puissants avocats, de soutiens gigantesques à travers le monde, qui, inlassablement, n’ont
cessé de démolir certaines arguties judiciaires. Pour eux, Mumia est le symbole même d’une erreur judiciaire à l’américaine. Mais sans nous plonger dans la profondeur des entrelacs juridiques
étasuniens, sans reprendre à notre compte l’antienne apologétique des fans de Mumia, une question doit habiter nos lèvres, notre conscience : doit-on en ce millénaire de modernité,
d’Internet, se servir de la peine de mort comme l’ultime instrument pour stopper les crimes qui défigurent nos cités ? Vite ! Disons, non ! Une abomination ne soigne pas une
abomination. Je tremble, encore, en me souvenant des pages poignantes, puissantes, du Dernier jour d’un condamné de Victor Hugo : ici, s’était déployé le plus grand des réquisitoires
contre la peine de mort. En dépit de tout, faisons le choix d’une civilisation de la vie.
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
-
Publié dans : international
0
Vendredi 4 novembre 2011
5
04
/11
/Nov
/2011 12:54
A Cannes, on aura compris que les puissants de ce monde ne changeront ni de méthode, ni de tactique, face à l’urgence des problèmes qui assaillent les populations,
notamment celles se trouvant dans l’hémisphère sud. Ils ont vraiment d’autres chats à fouetter. Le premier sur la liste s’appelle : la Grèce. Sur la Croisette, c’est elle qui a retenu
l’attention, la rhétorique diplomatique et médiatique. Pourquoi ? Parce que ce pays a décidé, par la voix de¨son Premier-ministre, Georges Papandréou, d’organiser un référendum autour d’une
question qui pourrait être celle-ci : rester dans l’Union européenne ou ne plus y être ? Et ce après avoir accepté l’accord devant endiguer la dette qui torpille de plein fouet sa
patrie. Tollé chez les Européens, ébranlement dans les bourses. La Grèce est actuellement le talon d’Achille de cette Europe qui est en train de se construire. Fragilisée par la réalité
calamiteuse de ses comptes et l'incurie de ses dirigeants, cette nation est brocardée par tous. Sa souveraineté est piétinée. Sa seule évocation suffit désormais à provoquer sur les marchés un
frénétique yo-yo. Oh ! on aimerait bien que tout cela finisse. Finisse vite et bien. Qu’on se penche sur la question de la pauvreté dans le monde. Ce G20 en avait fait la promesse. Mais
force est de constater qu’il n’y a pas eu, à cet égard, de décisions salutaires. Même si, au cœur de ce cénacle, Bill Gates (le génial philanthrope) (photo) a séduit par ses propositions de
financements innovants destinés à l’aide au développement. N’oublions pas : dans la Corne de l’Afrique, le pain manque encore.
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
-
Publié dans : international
0
Vendredi 9 septembre 2011
5
09
/09
/Sep
/2011 17:35
Avec le 11-septembre, nous resterons, encore, et probablement toujours, des Américains. Pas parce que nous chérissons les doux attraits de l’opportunisme
ambiant, pas parce que nous sommes les indomptables laudateurs de cette hyper-puissance, non ! mais, parce que, tout simplement, nous voyons en cette date l’occasion d’afficher à nouveau
avec force, avec cœur, toute notre solidarité envers cette noble nation, qui, au commencement de ce siècle, vit son visage se défigurer par l’ignominie terroriste. Oui, en ce jour-là, l’Amérique
fut atteinte. Tragiquement. Méchamment. Profondément. Nul ne peut dire si elle a déjà pansé toutes les plaies qui se sont ouvertes lors de cet été de terreur. Car les souvenirs sont encore
vivaces, les chagrins béants. Si l’on se souvient bien : le Mal est d’abord venu par les airs. Il avait les couleurs d’un avion, guerrier, téméraire, s’enfonçant dans les Tours Jumelles :
ces belles dames qui, jusque-là, symbolisaient les splendeurs de la première économie mondiale. Ce jour-là, en accord avec ses groupuscules, al-Qaida avait agi, tué. Porté un coup de massue aux
flammes vives de la civilisation. Abasourdis, on assista, par la magie du petit écran, et donc en direct, à la mort des centaines de milliers de personnes, devenues prisonnières des étages
impraticables, inatteignables et suffocants. On aperçut aussi ces pompiers new-yorkais s’activer, se démener, mettre leur vie en danger pour que celle des Autres soit saine et sauve. Beaucoup
sont morts, d’ailleurs. Ils sont nos héros éternels !
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
-
Publié dans : international
2
Vendredi 3 juin 2011
5
03
/06
/Juin
/2011 09:18
En publiant il y a quelques mois son Indignez-vous, Stéphane Hessel (photo) n’imaginait certainement
pas que ce mini-livre aurait un fort retentissement planétaire et provoquerait chez les jeunes un vertige de conscientisation. Comme quoi il ne faut jamais se laisser abîmer par le pessimisme. Le
changement est inhérent à notre humaine condition. Il ressemble à un tison qui est en nous, caché, aux aguets de nos récriminations légitimes. Ce tison a flambé, hier, sur la place Tahrir ;
il flambe, aujourd’hui, dans les rues de Madrid. Ceux qui le portent ont entre vingt-cinq, trente ans ; ils sont jeunes ; la plupart sont archi-diplômés mais ne trouvent pas de job.
D’où leur indignation. A la différence de celle (illustre) de Mai 1968, cette-jeunesse-qui-proteste, cette-jeunesse-qui-se-soulève, cette-jeunesse-qui-crie, n’est pas, dans le sens plénier du
terme, idéologisée, franchement révolutionnaire. Elle n’a pas comme mentor monsieur Karl Marx. Elle est plutôt façonnée par le réalisme de la vie qui jaillit - car ils le disent eux-mêmes :
Sans travail, nous ne pouvons nous projeter dans le futur, nous ne pouvons fonder une famille, nous ne pouvons nous offrir la bagnole de nos rêves. Elle interpelle les politiques et les Etats sur
son devenir, sur l’acuité de ses angoisses. Hessel pavoise en ce printemps. Mais, lui-même, dans son best-seller, ne donne pas de réponse à cette épineuse interrogation : Quelles stratégies
doit-on mettre sur pied pour enrayer le chômage des jeunes ?
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
-
Publié dans : international
0
Vendredi 6 mai 2011
5
06
/05
/Mai
/2011 11:47
Le 11-septembre 2001 illustre pour plusieurs d’entre nous comme le basculement de l’Amérique dans le champ de
l’horreur et du chaos. La fin d’une innocence, le crépuscule d’une forme de désinvolture qui peuplait naguère cette cité riche et moderne. L’Amérique ne sera plus comme avant. Tout cela la faute
à un homme, à un seigneur du canon et du crime, Oussama Ben Laden. C’est lui, qui dans sa seigneurie funeste, avait décrété, un matin d’automne, l’effondrement des Tours Jumelles, la mort de
centaines de milliers de personnes, qui n’aspiraient qu’à la vie, à la liberté, au bien-être. Lui-même est mort aujourd’hui. Barack Obama l’a annoncé au monde. Et les rues new-yorkaises s’en
réjouissent. Pour certains, l’expression de cette allégresse relative au trépas d’une personne, fût-elle démoniaque, a un parfum d’indécence. C’est vrai. Mais la joie de New York reste tout de
même compréhensible. Elle signe l’annihilation d’un Mal, elle épouse la légitime défense enracinée dans le droit international. Ben Laden s’est donc éteint. Pas le terrorisme : on est
d’accord !? Lui continuera toujours à intimider, à blesser, à exécuter dans le tréfonds de nos démocraties. D’où la nécessité de redoubler de vigilance et de coopération véritable (pas à la
paskitanaise, bien sûr). D’éviter les contestables amalgames entre l’islam et l’islamisme. De cesser de prophétiser sur un prétendu choc des civilisations. Good luck America !
Guillaume Camara
Par AFRICANUS
-
Publié dans : international
0
Derniers Commentaires